En prêtant serment ce 7 mai 2018 pour son quatrième mandat, Vladimir poutine, démontre qu’il bénéficie toujours de la popularité et de la confiance de son peuple, ancien directeur du KGB, il a été choisi par Eltsine pour le succéder parmi d’autres potentiels prétendants et premiers ministre.
Ce choix de Eltsine, murement réfléchi avait reposé sur un certain nombre de considérations objectives : le patriotisme Russe, la grandeur et la fierté d’un peuple, la fermeté, qui font que le monde entier se tourne vers lui aujourd’hui.
Lors de son premier mandat son objectif fut de freiner les velléités séparatistes, pour préserver les frontières de la grande Russie (guerre de Tchétchénie), ensuite redresser l’économie russe pillée par les oligarques qui ont profité de la chute de l’Union soviétique.
Lors de son deuxième mandat, Poutine entame plusieurs réformes économiques, sociales et foncières qui ont fait de la Russie une nouvelle puissance économique en moins de 10 années. La Russie a connu une croissance économique moyenne de 6 à 8 %, le maintien de cette croissance économique dynamique a permis la naissance et l’établissement d’une classe moyenne dont l’effectif est de plus en plus croissant.
Avec son troisième mandat, on voit Poutine s’investir pleinement dans la géopolitique mondiale, non pas dans un esprit nostalgique d’une nouvelle bipolarisation du monde, mais dans l’objectif de rendre aux autres peuples leur souveraineté, bafouée par le « jeu d’échec » du monde occidental, qui sème le chaos partout où ses intérêts sont menacés (Irak, Afghanistan, Syrie, soudan, Venezuela, Lybie, etc…) et qui a fini par mettre le monde entier devant un danger et une insécurité généralisée en l’occurrence : le fléau du terrorisme.
Aujourd’hui, tout le monde se tourne vers lui, dans un esprit soit protecteur Syrie, Turquie, Egypte, minorité russe du Crimée en territoire ukrainien, les minorités russes de l’Abkhazie et de l’Ossétie en territoire géorgien.
D’autres dans l’optique d’un nouveau partenariat économique différent de celui de l’Union européenne, avec les victoires de partis pro russes en Moldavie et en Bulgarie etc….
Enfin les élites politiques des grandes puissances se rapprochent petit à petit du président russe, en choisissant Trump qui veut dialoguer avec Poutine aux USA et Fillon qui était sorti vainqueur de la primaire à droite avec un fort taux de participation en France et dont le programme de sa politique étrangère se résumait à lever les sanctions contre la Russie, à coopérer sur le plan militaire, ce qui lui a valu des accusations orchestrées afin de l’éliminer de la course.
Nous le voyons tous, les états, veulent dorénavant entretenir une nouvelle collaboration avec la Russie, économique pour l’Europe et stratégique pour les Etats Unis qui sont dans une impasse géopolitique.
Pendant ce temps, que font l’Afrique et ses dirigeants?
Comme à notre habitude, jamais acteurs, toujours spectateur de l’évolution mondiale.
Le renforcement de la coopération Russe dont les échanges avec l’Afrique représentent uniquement 2% de son commerce international, ne peut nous être que bénéfique.
– Sur le plan énergétique, 74% des exportations russes sont des produits pétroliers, du fer et de l’acier.
Un partenariat économique russo-sénégalais pourrait tendre vers un tarif plus avantageux en importations d’hydrocarbures pour nous et par conséquent nous rendre moins dépendant des joint-ventures actuels,
Pour exemple : Le contrat d’exploitation des gisements de pétrole découvertes au Sénégal, qui nous lie a pétro Tim dont 90% des parts pour ladite société et 10% pour l’état du Sénégal sans pour autant tenir compte de la modernisation et de la revalorisation de la SAR afin de vendre des produits raffinés ayant plus de valeurs ajoutées, est incomparable avec les contrats russes des gisements de platine de Darwendale du Zimbabwe 60% des parts revient à la compagnie Zimbabwéenne et 40% pour la société russe ROSTEC, c’est aussi incomparable avec le contrat d’alumine du projet Dian-Dian entre la GUINEE CONAKRY et le producteur russe RUSAL qui englobe un investissement de 200 millions de dollars, dont une part ira au développement des infrastructures routières, ferroviaires et portuaires.
– Dans d’autres domaines, 15% des importations russes sont d’ordre agricole (pêche, maraichage volailles), voilà un marché que le Sénégal se doit de développer en favorisant les exportations de nos produits maraichers des Niayes, de nos produits halieutiques des 700km de notre cote, l’accroissement de la production de volailles qui en 10 années a fait un bon 329% pour atteindre de nos jour 30 millions de têtes au Sénégal constitue aussi une potentialité à exploiter d’autant plus que la Russie est moins exigeante en normes de qualité par rapport à nos partenaires traditionnels qui limites nos exportations, histoire de freiner notre essor économique.
– Sur le plan touristique, en renforçant la destination Sénégal, au peuple de Russie, tenant compte que nos touristes habituels, progressivement ont tendance à baisser du fait du brassage culturel très profond qui nous lie avec les européens de l’Ouest principalement français, nous pouvons parallèlement avoir un marché de 140 millions de touristes russes en profitant de l’émergence d’une nouvelle classe de consommateurs russes, fruit des réformes économiques de Poutine et pour qui l’Afrique demeure encore un continent à visiter et à découvrir.
Mais tout ceci demande un courage en politique, économique et diplomatique dans un impératif de liberté, si nous voulons renforcer la coopération avec la Russie.

Magatte Diaw

Laisser un commentaire

Please enter your comment!
Entrez votre nom ici s'il vous plaît