Chronique de Doudou

Gouvernance politique au Sénégal, la capitulation de la gauche sénégalaise et la trahison de ses éléments vieillissants

Après avoir acquis l’indépendance en 1960, sous la houlette du président Léopold Sédar Senghor et son camp politique, et gouverné pendant 40 ans le sénégal, le parti socialiste a perdu le pouvoir, en 2000, face à son redouble adversaire, Me Abdoulaye wade, secrétaire général du parti démocratique sénégalais, un libéral. Une prouesse réussie avec l’apport de la gauche révolutionnaire, And Jef, Pit, Ldmpt… Et au deuxième tour de scrutin, Moustapha Niasse, sorti des flancs du parti socialiste, s’est allié au candidat Me Wade. Nommé Premier ministre du premier gouvernement du régime de l’alternance, il est exclu de celui-ci après 11 mois de compagnonnage.
Stratège politique et très confiant, Abdoulaye Wade a eu à déclarer que le camp libéral va gouverner le Sénégal pendant au moins 50 ans. C’est dans ces perspectives qu’il s’est attelé à désamorcer la menace que constituait And Jef, en tant que force politique redoutable, bien occuper la Ldmpt et le Pit dans des tâches gouvernementales.
A partir de ce moment, le pape du « Sopi », le président Abdoulaye Wade s’est engagé dans la redistribution des rôles dans son propre parti où il fait et défait des carrières politiques en la personne de Macky Sall, de Karim Wade et d’Idrissa Seck. Après avoir épuisé son nombre de mandat et voulu forcer pour en avoir un troisième, d’autres forces démocratiques se sont dressées pour lui barrer la route en 2012.
Dans ce combat, la société civile a joué un rôle important, le parti socialiste et l’Afp tout comme les autres pôles animés par des « fils » politique de Me Abdoulaye Wade à savoir Idrissa Seck, Macky Sall. Pour rappel ce dernier avait choisi d’aller battre campagne au moment où pour tous les autres avaient décidé de rester à Dakar et dans certaines grandes villes pour le départ de Me Wade. Pour avoir pris de revers les autres prétendants au pouvoir, Macky Sall a gagné et succéda, ainsi, à Me Wade. Et depuis lors, de 2000 à 2019, ce sont les libéraux qui sont au pouvoir et s’ils obtiennent un second mandat de 5 ans à travers Macky Sall ou si un autre « fils » politique de Me Wade le remplace jusqu’ en 2024, la moitié du parcours prédit par Abdoulaye Wade est atteint.

Et au même moment, le parti socialiste sous l’ère Ousmane Tanor Dieng a choisi de naviguer à contrecourant de son histoire politique. Après avoir refusé à Me Wade son soutien, Tanor roule à plein régime pour l’apprenti politique de Me Wade. Une alliance stratégique qu’il considère comme fondamental pour la stabilité du pays. Un deal politicien que les socialistes de souche ont rejeté lorsqu’il a décidé de porter la candidature du libéral, en lieu et place d’une candidature socialiste.
Une posture de capitulation politique dénoncée par les socialistes proches de Khalifa Sall et qui ont su se démarquer à temps. Idem du côté de l’Alliance des forces de progrès de Moustapha Niasse avec les départs d’El hadji Malick Gakou, de Mata Sy Diallo et de la LD avec une frange celle-ci dite Debout pour montrer leur détermination dans la lutte contre l’uniformisation libérale en branle au Sénégal…
Car, en réalité, sur l’échiquier politique sénégalais, la gauche révolutionnaire tout comme la sociale démocratie, a courbé l’échine sur le choix de la forme de société incarnée par des valeurs antinomiques au dictat du capital à travers des lobbies de tout acabit.

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