Le maire de la commune de Mont-rolland, département de Tivaouane, région de Thiès, revient dans cette interview sur les points saillants de sa mandature

Cilweb:

Monsieur le maire, pouvez-vous nous dire deux choses qui vous tenez à cœur et que vous pensez avoir réussi à Mont Rolland à quelques mois de la fin de cette mandature ?

Yves Lamine Ciss :
Tout d’abord, je vous remercie d’avoir porté un intérêt à notre jeune commune rurale. Ceci dit, je commencerai par l’augmentation sensible du budget de la collectivité territoriale de Mont Rolland qui est passé de moins de 100 millions de francs Cfa à aujourd’hui 900 millions. Et, sur ce budget, la moitié est dévolue aux dépenses d’investissements.

Ce choix stratégique a permis à la commune de Mont Rolland d’effectuer des grands bonds en avant dans le secteur de l’Education. Nous avons ainsi construit 27 salles de classes, clôturé six écoles, pu augmenter la capacité d’accueil du Cem qui a évolué vers un lycée ; d’ailleurs, cette année nous avons séparé les deux entités scolaires qui sont côte à côte. A cela s’ajoute un centre de formation professionnelle où la filière agri-élevage nous intéresse particulièrement à côté de l’hôtellerie, la restauration, la coupe et couture.

Mont Rolland étant une commune rurale, nous incitons les jeunes à se former surtout dans les métiers de l’agriculture et de l’élevage, deux secteurs qui se modernisent à grands pas et donc sources importantes d’emplois en relation avec les énormes opportunités qui sont entrain de se matérialiser à travers divers projets déjà positionnés dans notre commune.

Donc, en assurant une bonne formation aux métiers dans l’agri-élevage, nous inscrivons notre jeunesse dans un avenir prometteur où ils auront la capacité non seulement d’apporter leurs différentes expertises mais aussi pourquoi pas devenir les véritables promoteurs d’ici vingt à trente ans.

Pour coller à notre vision à savoir « aucun enfant de Mont Rolland dans la rue », la municipalité accompagne les étudiants dans la facilitation de l’accès au logement, l’octroi de bourses aux enfants ayant quitté tôt le système scolaire et que nous avons inscrits dans des centres de formation à Dakar pour les récupérer tout comme ceux ayant quitté l’école à la classe de troisième que nous orientons vers une école sociale. Là ; des professeurs leur dispensent les cours et au bout certains réussissent aux tests d’entrée au lycée pour poursuivre et d’autres tentent leur chance dans les candidatures libres au baccalauréat. D’ailleurs, dans le budget en cours, les écoles coraniques ou Daaras sont pris en compte.

Pensez-vous que l’acte 3 vous a permis de mieux gérer votre commune ?

Globalement, je considère qu’il a été une avancée notoire ne serait-ce que dans le domaine d’accès aux infrastructures et de la mise à disposition des services techniques de l’Etat dans le travail de conception et d’accompagnement des mairies. Cette communalisation intégrale a facilité au monde rural l’accès à l’eau, l’électricité, les routes et les pistes de production. De ce point de vue, l’acte3 est un avantage réel pour nous les communes rurales. Avec le président Macky Sall, 15 villages sur les 18 de la commune ont de l’électricité même si parmi ce manque, il y a deux villages à forte démographie ; cependant, nous souhaitons tous les électrifier au plus vite.

Mais, si on veut booster davantage le développement des populations à la base et agir d’une manière intelligente sur le désencombrement de Dakar et des autres grandes villes du pays, il faut transférer réellement les moyens financiers nécessaires aux communes. Dans ce sillage, je pense qu’il faut corriger le fait qu’une entreprise qui a son usine ou son unité de production dans une commune, paye ses taxes là où se trouve son siège. Ceci est une aberration. Outre cette difficulté, la question des exonérations accordées au niveau central à des entreprises au nez et à la barbe des maires des communes qui les abritent, mérite d’être revue et corrigée.

Cela va permettre d’ajouter d’autres compétences aux collectivités territoriales comme par exemple l’hydraulique rurale.

Mont Rolland a la chance de bénéficier d’un projet agricole de plus de 8 milliards capables de générer de milliers d’emplois directs. Mais, depuis quelques semaines des mouvements d’humeur issus d’une partie de la population polluent l’atmosphère. Quelle réflexion cela vous inspire ?

Vous savez dans cette affaire, toute la procédure exigée par les textes de lois et de règlementation en la matière a été respectée par le partenaire privé tout comme la commune de Mont Rolland. Ceci aussi bien en termes de concertation, d’explications, d’études entre autres ayant débouché sur le démarrage du projet sur le terrain.

Donc, aujourd’hui, dans ce cas de figure, je pense que la plus haute autorité du pays en l’occurrence le président de la République doit donner des instructions fermes aux services concernés par ce genre de problème de prendre toutes leurs responsabilités pour protéger des initiatives destinées au développement d’une localité lorsque toute la procédure, en la matière, a été légalement respecté par toutes les parties.

Sinon, les intérêts particuliers vont continuer à freiner, à tort le plus souvent, le processus de développement dans nos localités. C’est pour parachever ce travail enclenché avec le conseil municipal que je voudrais rempiler à la tête de notre chère commune pour un autre mandat.

Cilweb.com avec le soleil.

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